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Le pays de Bray (Mémoire pour servir à l'explication de la carte géologique détaillée de la France)
Albert-Auguste de Lapparent, 1879 Histoire de la carte géologique de France |
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| La carte géologique est un document de synthèse sur la géologie d’un pays, prend en compte les connaissances et des concepts scientifiques de l’époque et reflète l’interprétation personnelle des observateurs. C’est pourquoi sa genèse est longue, ponctuée d’« écoles » distinctes, d’erreurs, de représentations différentes, de refontes, etc. Au fil du temps, les échelles changent, les fonds topographiques s’affinent, les techniques d’impression et maintenant de numérisation permettent des utilisations variées. Père de la cartographie géologique, Jean-Etienne Guettard publie en 1746 Mémoire et carte minéralogique sur la nature des terreins qui traversent la France et l'Angleterre. A la recherche des richesses minéralogiques de la France, il essaie de localiser les différents constituants du sous-sol, en repérant trois « bandes » concentriques : sablonneuse, marneuse, schisteuse. |
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| Entre 1766 et 1780, il publie, avec Laurent-Antoine Lavoisier puis Antoine Monnet, L’atlas minéralogique de la France, resté partiel en ne couvrant que le quart nord-est de la France. Puis en 1784 paraît Carte minéralogique de France. | ||||||||||||||||||||||||||||||||||
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Extraits de l’Atlas minéralogique de la France, 1780 >>>
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| Carte minéralogique du Vexin | La légende des cartes distingue les richesses minérales du sous-sol | |||||||||||||||||||||||||||||||||
| Le jeune Lavoisier accompagne Jean-Etienne Guettard sur le terrain pour dresser l’atlas. Il y entrevoit la notion de stratigraphie, tentant d’expliquer la succession des couches. | ||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Ces cartes répondent d’abord à une préoccupation économique et industrielle, répertoriant les gisements exploitables en minéraux, en minerais, en combustibles, etc. Selon les types de roches rencontrées, des bandes sont dessinées (comme dans Guettard) et des symboles permettent de repérer les différents gisements. Elles sont lithologiques, elles ne s’occupent que de la nature des roches. De timides explications stratigraphiques, permettant de faire le lien entre superposition des sédiments et chronologie de dépôts. L’utilisation de couleurs pour distinguer les formations géologiques sera une grande nouveauté. Le XIXe siècle sera l’âge d’or des cartes géologiques. Des efforts de synthèse se dessinent, par le choix des couleurs, par la volonté de désigner les terrains selon leur âge. |
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| En 1816, le géologue belge Jean-Baptiste d’Omalius d’Halloy publie une carte au 1/1 800 000 intitulée Esquisse d’une carte géologique du bassin de Paris et de quelques contrées voisines. Il réalise ensuite en 1822, avec Charles Coquebert de Montbret, L’essai de carte géologique de la France, des Pays-Bas et des contrées voisines, à l’échelle 1/ 3 700 000, en utilisant les données récoltées sur le terrain. Sur ces cartes, on reconnaît déjà la trame de base des cartes géologiques ultérieures. | ||||||||||||||||||||||||||||||||||
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Carte géologique de Cornouailles, 1827 par Dufrénoy et de Beaumont >
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| En 1822, dans un souci scientifique et économique, le Ministère des Travaux Publics décide de lever une carte géologique détaillée de la France à l’échelle 1/500 000. Placée sous l’égide de l’Ecole des Mines, dirigée par André Brochant de Villiers, l’entreprise est confiée à deux ingénieurs des Mines, Armand Dufrénoy et Léonce Elie de Beaumont. Ils sillonnent la France à pied sur plus de 80 000 km. Pendant ces 13 années, ils alternent les périodes de terrain et les périodes de rédaction. La récolte de cette masse considérable d’informations aboutit à la publication, en 1841, de la carte au 1/500 000, en 6 feuilles. Les unités stratigraphiques sont différenciées en couleurs et les gisements avec des symboles. De nouvelles feuilles verront le jour, présentées aux expositions universelles de 1855 et 1867. En accompagnement de la carte paraissent régulièrement des études descriptives sur des secteurs précis, regroupés sous le titre Mémoires pour servir à la description géologique de la France. Dans le même temps (dès 1835), les conseils généraux des départements sont priés de publier des cartes géologiques des départements, en complément et en appui de la carte géologique de la France, grâce à une armada d’ingénieurs, de professeurs et de géologues locaux. Mais le travail se fait sans concertation, les cartes manquent d’unité, tant dans les échelles, les symboles ou les couleurs utilisées. 59 de ces cartes seront publiées. Pour harmoniser ces travaux, Napoléon III crée par décret du 1er octobre 1868 le Service de la carte géologique de la France et des topographies souterraines. Ce service d’Etat réalisera la cartographie de la France, au 1/80 000, dont l’exécution s’achèvera en 1925, mais qui s’arrêtera concrètement en 1968, du fait des rééditions successives de certaines des 600 cartes éditées. Dans le même temps, dès 1913, il est décidé de réaliser un nouveau programme de cartographique au 1/50 000, utilisant le fond topographique de la Nouvelle carte de France, jugé beaucoup plus précis. 1127 cartes représentent le territoire métropolitain. La carte au 1/1 000 000, dont on utilise actuellement la 6ème édition, est une carte synthétique, utilisant un code couleur très fin pour distinguer les différents terrains. Depuis 1968, le Bureau des recherches géologiques et Minières (BRGM) est chargé de la maîtrise d’œuvre des cartes géologiques, utilisant à présent le support numérique, qui permet des modélisations en 3D, une utilisation de l’information géographique, à des fins scientifiques, économiques et décisionnelles. |
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