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Le pays de Bray (Mémoire pour servir à l'explication de la carte géologique détaillée de la France)
Albert-Auguste de Lapparent
, 1879
L'auteur : Albert-Auguste de Lapparent
Albert Auguste de Lapparent naît à Bourges le 30 décembre 1839.
D’une famille illustre de scientifiques, il est placé en pension à Paris. Brillant élève, doué tout autant dans les matières scientifiques que littéraires, il intègre - comme son père et son grand-père - l’Ecole Polytechnique en 1858, puis les Mines en 1860. Il ressort major des deux établissements.
Sa vocation de géologue se dessine à l’école des Mines. Il assiste au cours d’Elie de
Beaumont, géologue illustre, traduit plusieurs ouvrages de géologues allemands, effectue des voyages d’études. Son brillant mémoire de fin de voyage sur la géologie du Tyrol méridional lui vaudra d’ailleurs les honneurs d’une publication, insérée dans les Annales des Mines.
Nommé ingénieur des Mines en 1864, secrétaire du conseil général des Mines, il devient également conservateur-adjoint des collections départementales de l’Ecole des Mines.
Il collabore à une publication nouvellement créée par Achille
Delesse. La Revue de géologie, ambitionne de présenter aux ingénieurs les avancées récentes en matière de géologie. De Lapparent en devient l’un des principaux rédacteurs, de 1866 à 1880.
Il ne cessera de publier tout au long de sa vie dans de nombreuses revues scientifiques, telles le Correspondant, les Annales de Géographie, les Annales des Mines.
Il se marie en 1868, union qui donnera 9 enfants.
Dès 1865, il collabore avec Elie de
Beaumont à la carte géologique de France. Quand le Service de la Carte géologique détaillée de la France est officiellement créé le 1er octobre 1868, c’est tout naturellement qu’Alexandre-Emile de Chancourtois, alors directeur-adjoint, le choisit, ainsi que quelques autres ingénieurs comme Edmond Fuchs, Alfred Potier et Henri Douvillé. De Lapparent sillonne la partie nord de la France pour dresser les cartes au 1/80 000. Ses pérégrinations l’amèneront à s’intéresser au pays de Bray, au nord de Rouen, accident géologique dont il tirera un Mémoire, paru une première fois en 1873, puis complété en 1879.
En 1874, il est rapporteur de la Commission du Tunnel sous la Manche. Ses travaux de sondage et de reconnaissance des fonds sous-marins contribueront à donner des informations techniques importantes pour le projet, qui n’aboutira pas. Il reçoit pour cela la Croix de Chevalier de la Légion d’honneur.
Fin 1875, l’abbé de
Froville, ancien condisciple de l’Ecole des Mines, lui propose la chaire de géologie et de minéralogie, dans la toute nouvelle Université catholique de Paris, bien vite rebaptisée Institut catholique de Paris. Il y entame sa « seconde vie » dédiée à l’enseignement et à la vulgarisation de la géologie. Il continue pendant quelques années à conserver son statut d’ingénieur d’état des Mines, grâce à une mise en « congé ». La situation ne peut pas durer, cette facilité étant supprimée en 1879. Il démissionne alors du corps des Mines sans état d’âme, pour se consacrer à l’enseignement. Il conservera sa chaire de géologie et minéralogie jusqu’à sa mort.
A ce poste nouveau manque une collection de roches, minéraux et fossiles. De Lapparent s’attèle lui-même à la tâche, avec dévouement et humilité. Il acquiert là un bagage naturaliste qui lui faisait défaut jusqu’alors.
Ce brillant orateur excelle également à l’écrit, où son esprit de synthèse, son aisance, son style clair et méthodique, ses talents de vulgarisateur trouvent leur pleine mesure dans plusieurs ouvrages fondamentaux et dans de très nombreux articles scientifiques. A l’affût des nouvelles recherches, il n’hésite pas, lors des rééditions, à intégrer ces données nouvelles.
En 1882 paraît son Traité de géologie. Cet ouvrage connaît un succès foudroyant, tenant à l’originalité des propos et la clarté de la synthèse. Réédité plusieurs fois, il est également traduit dans plusieurs pays.
En 1885, son Cours de minéralogie connaît également un grand succès, et 4 rééditions. Il vaut à son auteur le Prix Delesse de l’Académie des sciences.
Les Leçons de géographie physique prolongent son travail sur la géographie physique, sous forme attrayante et paraissent en 1896. Il est le premier à vulgariser ces notions alliant géographie et géologie dans une même lecture.
D’autres ouvrages s’ajoutent à la liste de ces publications : Formation des combustibles minéraux (1886), les Tremblements de terre (1887), la Géologie en chemin de fer (1888), Précis de minéralogie (1888), Notions générales sur l’écorce terrestre (1897).
Alfred Auguste de Lapparent occupe régulièrement des postes importants dans les différentes sociétés savantes. Président de la Société de géologie en 1880, il devient aussi membre de l’Académie des sciences de Paris en 1897. Au faîte de sa gloire, il accède en 1907 au poste de secrétaire perpétuel de l’Académie, en remplacement de Berthelot. Brutalement emporté par la maladie, il meurt le 4 mai 1908.