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Histoire naturelle des insectes
Jean Théodore Lacordaire, 1876
L'œuvre : Histoire naturelle des insectes

Entre toutes les œuvres d’entomologie descriptive nées de son impulsion, la série des Suites à Buffon, éditée par Roret de 1834 à 1875 est la plus importante. Ces 35 volumes avec 280 planches formaient à l’époque le seul traité d’entomologie complet (sauf pour les 1ers Lépidoptères), et l’ensemble, dû à des spécialistes, n’avait en Europe aucun équivalent. Ils débutaient par l’introduction à l’Entomologie de Lacordaire (1834-1838) où, pour la première fois depuis l’Introduction à l’Entomology de Kirby et Spence (1815-1826) et le Handbuch de Burmeister (1832), se trouvaient développées des notions générales sur les insectes : métamorphoses et premiers états, morphologie et anatomie des adultes, physiologie, facultés psychiques, biogéographie, histoire de l’entomologie. Dès le début du XXe siècle, le développement de l’entomologie descriptive conduira les auteurs à se spécialiser et à n’écrire que sur une famille ou une faune locale.

Page de titre
Lacordaire est sollicité par l’éditeur des Suites à Buffon, pour qui il a déjà composé l’Introduction à l’entomologie, de faire pour les coléoptères, ce que d’autres savants ont fait pour les diverses branches de la zoologie, c’est à dire de résumer les connaissances que possède la science à ce sujet.
Personne n’était mieux destiné que lui a réaliser un tel ouvrage. En parcourant le monde, il a observé les mœurs et les habitudes de ces insectes. Dans son premier travail, l’Introduction à l’entomologie, il considère les insectes dans leur ensemble, rien de ce qui les concerne n’est négligé, leur anatomie, leur physiologie, leur rôle dans la nature, leur distribution géographique, leurs mœurs sont tour à tour l’objet de ses méditations et de ses recherches. Dans son Genera, il s’attache à l’examen d’une seule famille, celle des coléoptères, encore très controversée à cette époque. Hélas, sa vie s’achève en juillet 1870, laissant son œuvre inachevée. Il réalise neuf des onze tomes prévus. La suite est reprise par F. Chapuis, éminent entomologiste qui fut aussi son élève.
A un moment où la littérature entomologique est déjà immense, le Genera des coléoptères, publié en treize tomes de 1854 à 1876, occupe un rang distingué par son utilité scientifique et par l’étendue du sujet qu’il embrasse. Il place Lacordaire au premier rang des systématiciens de cet ordre d'insectes de son siècle.
L’Arehn dispose des 12 volumes et de l’atlas, mis en dépôt par le Muséum d’histoire naturelle de Rouen.
Couverture et tranche
Les 12 volumes et l'atlas
Lacordaire part du constat que les entomologistes qui veulent réaliser un travail se livrent toujours à des recherches préalables sur ce qui a été fait avant eux. Il souhaite leur épargner ce travail long et fastidieux. Il s’agit par exemple des problèmes d’extension des synonymie "cette lèpre des sciences naturelles" qui pose problèmes aux entomologistes pour déterminer un animal. Le Genera est "un tableau de la science à un moment donné". Il s’agit d’un inventaire des richesses du globe en matière de coléoptères qui se doit d’être le plus complet possible indiquant avec précision les sources. Partant de ce constat, le contenu de son Genera est tout trouvé. Il ne comporte "ni création de genre nouveaux, ni description d’espèces inédites, ni de grands développements sur les mœurs".
L’œuvre rapporte les travaux de l’ensemble des entomologistes, et Lacordaire se réserve uniquement le droit de les disposer dans l’ordre qui lui paraît le plus convenable. Il s’agit d’étudier et de soumettre à une critique approfondie plus de dix mille genres. Il faut en faire l’histoire scientifique, en exposer la distribution géographique, rechercher leurs affinités et les grouper, autant que possible dans un ordre naturel.

Lacordaire ne prétend pas que ces travaux soient sans erreurs, d’ailleurs, il partage les insectes – entendons aussi sources – en trois catégories : ceux qu’il a lui-même examinés, ceux qui ont été étudiés "d’une manière satisfaisante" par un autre auteur et ceux, très nombreux, dont la description est incomplè
te et parfois fausse et qu’il n’a jamais vu.

Tome 1 : cicindélètes, carabiques, dytiscides, gyrinides, palpicornes. 1854 .- 496 p.
Tome 2 : paussides, staphyliniens, psélaphiens, scydménides, silphales, sphériens, trichoptèrygiens, scaphidiles, histériens, phalacrides, nitidulaires, trogositaires, colydiens, rhysodides, cucujipes, cryptophagides, lathridiens, mycétophagides, thorictides, dermestins, byrrhiens, géoryssins, parnides, hétérocérides. 1854 .- 548 p.
Tome 3 : pectinicornes, lamellicornes. 1856 .-594 p.
Tome 4 : buprestides, throscides, eucnénides, élatérides, cébrionides, rhipicérides, dascyllides, malacodermes, clérides, lyméxylones, cupésides, ptiniores, bostrichides, cissides. 1857 .-579 p.
Tome 5 : ténébrionides, cistélides, nilionides, pythides, mélandryides, lagriides, pédilides, anthicides, pyrocroïdes, mordellides, rhipiphorides, stylopides, méloïdes, oedémérides. 1859 .-750 p.
Tome 6 : curculionides. 1863 .-637 p.
Tome 7 : curculionides, scolytides, brenthides, anthribides, bruchides. 1866 .-620 p.
Tome 8 : tricténotomides, longicornes. 1869 .-552 p.
Tome 9 : longicornes. 1869 .-930 p.
Tome 10 : phytophages. 1874 .- 455 p.
Tome 11 : phytophages. 1875 .-416 p.
Tome 12 : érotyliens, endomychides, coccinellides. 1876 .-424 p.
Tome 13 : atlas. s. d. .-47 p. +
134 planches

Les espèces sont rejetées en note et, dans la plupart des cas, seules sont mentionnées celles qui ne se trouvent pas dans un ouvrage capital. Lacordaire n’hésite pas à renvoyer directement le lecteur à des ouvrages majeurs, considérant que tout entomologiste – et non pas simples collectionneurs d’insectes – les possèdent. Les espèces sont classées d’après leur "patrie" et Lacordaire ne garanti pas qu’elles appartiennent réellement aux genres auxquels elles sont annexées.
> L’atlas
Certaines des 134 planches étaient destinées à un ouvrage qu’un auteur n’a jamais terminé, et donc jamais était publié. Lacordaire a dû accepter ces planches laissées à l’abandon mais il en décline la responsabilité. Il demande un peu d’indulgence pour les autres planches car il n’a pas pu les exécuter lui-même et a du faire appel à des dessinateurs étranger à l’histoire naturelle, qui n’ont pas pu reproduire avec exactitude les commandes de Lacordaire. Les planches sont réalisés en chromolithographie.
Eupsenius glaber Syndesus cornutus Pyronoto festiva 
Elles dépeignent la plupart du temps cinq à six insectes par page, avec en plus, le contours de détails anatomiques.

Certaines planches sont en deux exemplaires : l’une coloriée et l’autre en noir et blanc.