> Introduction
> L'auteur
> L'œuvre
> En complément...
> Sources
De l’exploitation des bois
Henri-Louis Duhamel du Monceau, 1764


En complément : La réforme de Colbert  sur le traitement sylvicole des forêts.
 
Les traitements sylvicoles français les plus anciens, le taillis et le taillis sous futaie, datent du Moyen-Age. A cette époque, la forêt était partagée : une partie était attribuée à la cueillette, aux pâturages et au bois de chauffage, une autre à la chasse et une dernière à la production de bois d’œuvre. Mais, à partir du XVIIe siècle, les besoins du pays en bois d’œuvre augmentent considérablement et le traitement sylvicole, jusque là acceptable, devient totalement inadapté.
Nommé en 1661 contrôleur général des Finances, Colbert se fait attribuer la direction des Eaux et Forêts, car le revenu des bois de la Couronne décroît depuis plusieurs années.
 
A cette époque, alors que l’Angleterre peut armer plus de 150 navires de guerre, la France peut à peine aligner 20 vaisseaux. Le bois d’œuvre fait défaut pour de nouveaux chantiers navals.
Hostile à l’importation de tout ce qui peut se produire dans le royaume et soucieux de donner du travail aux français, Colbert veut mettre les forêts en état d’assurer la production de bois nécessaire à la flotte. En 1663, il persuade Louis XIV de procéder à une réforme générale des Eaux et Forêts.
Colbert s’engage dans cette réforme profonde qui donna lieu, en août 1669, à une « Ordonnance sur le fait des eaux et forêts ».
Colbert
Colbert.
L’objectif de cette réforme est double. Il s’agit dans un premier temps de réparer des dommages causés par les abus et malversations de tous ceux prétendant avoir des droits et des privilèges sur les forêts royales et enfin de rétablir l’ordre pour une bonne conservation de la forêt.
Pour cela, Colbert supprime un grand nombre de postes, tous grades confondus. Puis, il divise la France en six départements et place à leur tête des commissaires-réformateurs et enquêteurs soigneusement choisis devant dresser l’état des forêts royales, les arpenter et les cartographier, limiter le pâturage et interdire tout défrichement. Les taillis et taillis sous futaies sont progressivement convertis en futaies. Les forêts privées ne sont pas épargnées : un quart doit être consacré à la futaie. Colbert fit aussi planter de nouvelles forêts comme par exemple, la célèbre forêt de Tronçais, au nord ouest du département de l’Allier.
 
La réforme de Colbert de 1669, véritable loi organique et policière, fut pour plus d’un siècle et demi, le texte de référence en matière de législation, de gestion et d’exploitation des forêts et des bois, et tint efficacement lieu de code forestier jusqu’à la promulgation de celui de 1827.