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Recueil de coquilles
Benjamin Delessert, 1841


Les coquilles normandes
Les animaux vivant dans des coquilles, communément appelés coquillages, sont des mollusques. Ils constituent un très grand groupe réunissant plus de 120 000 espèces dans le monde.



1) la tête et le pied, organe musculeux servant à la locomotion ou à la fixation ;

2) la masse viscérale (glande digestive, gonades, cœur, reins, tube digestif) ;

3) le manteau, paroi enveloppant la masse viscérale et sécrétant la coquille ou ce qui en tient lieu (spicules, plaques, test…). Le matériau de base de la coquille est le carbonate de calcium (calcaire) ; elle est recouverte d’une pellicule de conchioline, substance protéique constituant également l’opercule des gastéropodes et entrant dans la composition de la nacre. Les constituants de la coquille sont sécrétés en couches pour une plus grande résistance. La croissance se fait par les bords. Les coquilles immatures sont souvent semblables à celles des adultes de la même espèce, mais en miniature.

> Les principales classes de mollusques sont les suivantes :

- Les Chitons : le corps est allongé et aplati, la coquille est constituée de huit plaques articulées entre-elles et alignées sur la face dorsale.

- Les Dentales : le corps est enfermé dans une coquille exiguë, sub-conique, incurvée et ouverte aux deux extrémités.

- Les Lamellibranches ou Bivalves : cette classe est caractérisée par l’hypertrophie du manteau qui tend à enfermer le corps entre deux lobes. La coquille que ceux-ci fabrique est constituée de deux valves qui protègent totalement l’animal. La coquille des Lamellibranches peut bailler grâce à un ligament élastique, l’animal la referme en contractant des muscles adducteurs attachés sur chaque valve qui s’articulent au niveau d’une charnière dont la structure varie d’une famille à l’autre. Les moules, les huîtres, les coques, les tellines ou encore les bénitiers sont des bivalves.

- Les Gastéropodes : La coquille, constituée d’une seule pièce, s’accroît sur le mode hélicoïdal autour d’un axe (columelle). Les gastéropodes marins sont très nombreux et ont adopté des modes de vie divers. Parmi eux, les prosobranches sont les gastéropodes marins les plus « classiques ». Ce groupe est énorme, il est divisé sur la base de critères anatomiques inaccessibles sans dissection. (branchies, cœur système nerveux, etc.). Les bulots, vigneaux mais aussi les porcelaines et les cônes sont des gastéropodes.

> Les autres groupes de gastéropodes n’ont plus de coquille ou quasiment plus.

- Les Céphalopodes : Seules une demi-douzaine d’espèces de céphalopodes possèdent une coquille externe, et elles appartiennent à la famille des nautiles. Les autres, comme la seiche n’ont pas de coquille externe.

Le littoral haut-normand abrite de nombreuses espèces de coquillages. Si de toutes les époques les habitants vont les ramasser ce n’est pas pour en faire des collections, mais bien pour les consommer.

Si la côte d’Albâtre n’abrite ni ormeaux, coques, couteaux et palourdes propres aux littoraux vaso-sableux, elle n’a rien à envier aux autres régions en ce qui concerne les moules et les vigneaux. Le secteur d’Antifer jusqu’à Veulette-sur-Mer se distingue par sa richesse en espèces.

> Voici quelques espèces faisant la fierté de la Haute-Normandie :

- Le vigneau (Littorina littorea) : abondant partout dans la zone de balancement des marées. Il affectionne les fonds rocheux avec des blocs et des algues. Il est très facile à cueillir car sa coquille noire est bien visible.

- La moule (Mytilus edulis) : les plus belles moulières se situent vers Sainte-Adresse, Octeville, Bracquemont et Criel. Elles colonisent aussi bien les structures portuaires que les platiers rocheux, au niveau des résurgences d’eau douce.

- L’huître plate (Ostrea edulis) : Huître indigène des côtes européennes, contrairement à l’huître creuse japonaise provenant d’élevage. Elle affectionne les eaux côtières non soumises à dessalure. Rare sur le platier rocheux, il est possible de la trouver aux basses mers de vives eaux. Les bancs situés au large ont fait l’objet de dragages professionnels en face de Veules-les-Roses, Saint-Valery-en-Caux, et Fécamp. Elles sont connues dans la région sous le nom de « Pied de cheval » à cause de la forme de sa coquille rappelant un sabot. Les huîtres creuses peuvent aussi provenir de l’élevage expérimental de Veules-les-Roses.