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De l’origine des espèces ou des lois du progrès chez les êtres organisés
Charles Darwin, 1862


Darwin et Lamarck, deux transformistes en opposition


Les naturalistes Jean-Baptiste Lamarck et Charles Darwin sont transformistes, c’est à dire qu’ils admettent que les espèces ont évolué, et ce en fonction de changements dans l’environnement.
Pour Lamarck comme pour Darwin, l’évolution résulte d’une adaptation. C’est sur la manière dont s’opère celle-ci que se distingue généralement la pensée des deux hommes.
 
Lamarck plaide en 1809 dans sa Philosophie zoologique pour une adaptation directe liée à la transmission des caractères acquis. Cinquante ans plus tard, Darwin, dans l’Origine des espèces, ne remet pas en cause l’idée de conservation héréditaire des caractères acquis mais ajoute un facteur évolutif supplémentaire, la sélection naturelle. Là, la transformation est entièrement due au hasard et seuls les individus les mieux adaptés à leur environnement ont plus de chance de survivre.
 
Transmissions des caractères acquis : "Dans tout animal qui n'a point dépassé le terme de ses développements, l'emploi plus fréquent et soutenu d'un organe quelconque fortifie peu à peu cet organe, le développe, l'agrandit et lui donne une puissance proportionnée à la durée de cet emploi, tandis que le défaut constant d'usage de tel organe l'affaiblit insensiblement, le détériore, diminue progressivement ses facultés et finit par le faire disparaître. " Lamarck, Philosophie zoologique, 1809.
 
Lamarck a imaginé la théorie de la girafe, aujourd’hui célèbre, qui résume l’adaptation ainsi :
Dans un pays où vivent les herbivores l’herbe devient rare, et les animaux sont obligés de brouter les feuilles toujours plus haut vers le sommet des arbres. A force de tirer sur leur cou pour les atteindre les animaux ont acquis un nouveau caractère – un cou plus long – ils auraient transmis à sa descendance. De génération en génération le résultat s’est accentué et on est arrivé à un animal qu’on appelle aujourd’hui la girafe.
 
Avec Darwin, la théorie de la girafe s’expliquerait ainsi : dans l’ensemble des animaux qui doivent atteindre les feuilles des arbres, il y en a de plus grands que d’autres, comme dans toute population, et certains ont le cou un peu plus long. Ceux-là sont avantagés et mangent, les autres dépérissent et sont progressivement appelés à disparaître. De génération en génération se fera une sélection des animaux au cou le plus long et ainsi on arrivera à la girafe.
Zone couverte par l'ouvrage
Au cours du XXe siècle, la théorie de Lamarck n’a pas fait l’unanimité au sein du monde scientifique. Par contre en ce début du XXIe siècle, le débat est relancé par les avancées sur le génome et sur les populations et montre que Lamarck n’avait finalement peut-être pas tort.