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Encyclopédie d’histoire naturelle
Jean-Charles Chenu Histoire du livre : deuxième partie |
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| Voir la première partie sur l’histoire du livre en complément des pages sur Jean Merlet et « L’abrégé des bons fruits ». A partir du XIXe siècle, l’histoire du livre s’est trouvé bouleversée. La Révolution industrielle et ses innovations techniques ont profité à l’évolution de l’impression des livres et à leur diffusion en permettant une production en nombre. Les innovations profitant aux livres se font à différents niveaux : > Support. Jusque-là le livre était imprimé sur un papier confectionné à partir de chiffons. Cette matière première n’était pas abondante et le procédé de fabrication long et délicat. Mais au début du XIXe siècle, Louis Nicolas Robert met au point une machine qui mécanise la fabrication du papier, diminuant considérablement le temps de confection. Quelques années plus tard, la pâte à bois fait son apparition et remplace le chiffon comme matière première pour le papier. > Impression. La presse à bras de Gutenberg est remplacée par des modèles beaucoup plus rapides et rentables. Didot, Stanhope et Koenig apportent successivement des innovations considérables ouvrant l’ère des machines à imprimer modernes pour arriver à la rotative conçue en 1816. Parallèlement, des essais sont réalisés au cours du XIXe siècle pour mécaniser la longue tâche de la composition typographique. > Illustration. De nouveaux procédés d’illustration apparaissent. La gravure sur bois se perfectionne par une taille au burin sur des blocs de bois pris perpendiculairement au sens des fibres, c’est la technique du « bois debout » permettant des dessins plus fins et plus libres. La taille-douce et l’eau-forte sont toujours employées, on grave aussi sur acier, ce qui donne à l’image un aspect plus fin et plus velouté. A la fin du XVIIIe siècle, la lithographie, utilisant des blocs de calcaire, est mise au point par le bavarois Senefelder. L’essor de la photographie et de nouveaux procédés mécaniques suppriment dans certains cas l’intermédiaire obligatoire d’artistes et d’artisans chargés d’interpréter les images à produire, sur le bois, le métal ou la pierre. > Présentation. Le livre ancien se vendait toujours relié, mais à la fin du XVIIIe siècle, il commence à se vendre broché, sous couverture muette. Puis, une simplification intervient dans la fabrication : le dos des cahiers est coupé au massicot, la couverture est appliquée au moyen d’une colle très adhésive et il n’y a plus besoin de couture. Ce procédé, surtout employé pour les livres bon marché, rend la conservation difficile, car la disparition de la structure des cahiers ne permettant plus une reliure convenable. Au début du XIXe siècle, l’illustration trouve peu a peu sa place sur les couvertures. La présentation du livre contemporain se caractérise par l’utilisation de plus en plus fréquente de l’image et de la couleur. Beaucoup de livres se parent de couvertures multicolores et rendues brillantes par l’application d’une pellicule transparente. Ces innovations techniques mais aussi les progrès de l’alphabétisation ont permis une augmentation considérable de la diffusion du livre. Alors qu’on estime la production mondiale à 30 ou 35 000 éditions pour le XVe siècle et à 150 000 ou 200 000 pour le XVIe, elle atteignait 8,25 millions pour le XIXe siècle, 5 millions pour le premier quart de XXe siècle et 4 millions sur une période de 5 ans à la fin du XXe siècle. |
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