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Origine des plantes cultivées
Alphonse Louis Pierre Pyramus de Candolle, 1883
L'œuvre : Origine des plantes cultivées
Séparation latin, français
Ouvrage du "père fondateur" de l'histoire des plantes cultivées, ce livre a un grand intérêt historique, et se lit bien. Mais il est largement dépassé, et ne devrait plus être cité sans précautions.
 
L’AREHN dispose dans son fonds ancien d’un exemplaire de l’Origine des plantes cultivées mis en dépôt par le Muséum d’histoire naturelle de Rouen. Cet exemplaire est en bon état. La couverture est marron et comporte des inscriptions dorées.
< Couverture et dos du livre.
Séparation latin, français
En réalisant cet ouvrage, Candolle a pour ambition de donner "l’état et l’habitation de chaque espèce avant sa mise en culture". Il a déjà traité ce sujet dans un chapitre de Géographie botanique raisonnée en 1855. On voit par là que l'intérêt de Candolle pour cette question a été constant, et qu'il n'a cessé d'accumuler des données pour mieux asseoir ses conclusions. D'un ouvrage à l'autre, le nombre des espèces traitées passe de 157 à 249. Il réussit à montrer l’origine exacte de plus d’une centaine de plantes.
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Première partie : Notions préliminaires et méthodes employées
Chapitre I : De quelle manière et à quelles époques la culture a commencé dans divers pays
Chapitre II : Méthodes pour découvrir ou constater l’origine des espèces
Réflexions générales
Botanique
Archéologie et paléontologie
Histoire
Linguistique
Nécessité de combiner les différentes méthodes

Deuxième partie : Etude des espèces au point de vue de leur origine, des premiers temps de leur culture et des principaux faits de leur dispersion
Chapitre I : Plantes cultivées pour leurs parties souterraines, telles que racines, bulbes ou tubercules
Chapitre II : Plantes cultivées pour leurs tiges ou leurs feuilles
Article 1 : Légumes
Article 2 : Fourrages
Article 3 : Emploi divers des tiges ou des feuilles
Chapitre III : Plantes cultivées pour les fleurs ou les organes qui les enveloppent
Chapitre IV : Plantes cultivées pour leurs fruits
Chapitre V : Plantes cultivées pour leurs graines
Article 1 : Graines nutritives
Article 2 : Graines servant à divers usages

Troisième partie : résumé et conclusions
Chapitre I : Tableau général des espèces, avec l’indication de leur origine et de l’époque de leur mise en culture
Chapitre II : Observations générales et conclusions
Article 1 : Régions d’où sont sorties les plantes cultivées
Article 2 : Nombre et nature des espèces cultivées depuis des époques différentes
Article 3 : Plantes cultivées qu’on connaît ou ne connaît pas à l’état sauvage
Article 4 : Plantes cultivées en voie d’extinction ou éteintes hors des cultures
Article 5 : Réflexions diverses
Dans la première partie, Alphonse de Candolle date les débuts de l’agriculture dans les diverses régions du globe. Il détaille, ensuite, sa méthode de travail.
Son analyse se situe à la frontière de plusieurs disciplines, telles que la botanique, l’archéologie et la paléontologie, l’histoire ou la linguistique. Pour lui, "il est important de combiner les différentes méthodes" pour s’assurer de l’origine des plantes. C’est en recoupant les arguments offerts par ces différentes disciplines, qu’il arrive à trouver l’origine des plantes.

Il utilise les données botaniques grâce à ses relations scientifiques personnelles. A travers la découverte d’un fruit, d’une graine…, l’archéologie et la paléontologie permettent de dater la présence d’une plante dans une région à une époque passée. L’histoire, et surtout les œuvres des auteurs latins, les récits de voyages des chroniqueurs espagnols… donnent des renseignements sur les pratiques révolues d’Europe, d’Afrique ou d’Amérique... Avec une ombre : peu d’ouvrages disponibles pour décrire des plantes de la Perse à l’Asie centrale et de l’Inde à la Chine. Quant à la linguistique, Candolle part du postulat que les noms populaires désignent les mêmes objet (ou taxons) que la classification botanique. On sait maintenant que les classifications populaires poursuivent des objectifs distincts et obéissent à une logique différente de la classification scientifique. Les données linguistiques rassemblées par Candolle sont souvent contestables.

Candolle a fait le meilleur usage possible des données qui lui étaient accessibles, prouvant par exemple le premier l'origine américaine du haricot et du maïs.

Il a su tirer des conclusions exactes sur l'origine de la plupart des espèces. On en a bien sûr maintenant une vision beaucoup plus précise pour les espèces dont les relations génétiques ont été élucidées, mais les conclusions de Candolle restent souvent valables
Ce livre est en quelque sorte un voyage à travers les continents mais aussi à travers les âges et les civilisations pour rencontrer les espèces familières ou exotiques, et connaître leur histoire et les chemins qu’elles ont empruntés pour venir jusqu'à nous.

Des plateaux d’Anatolie au delta du fleuve jaune, de la vallée du Nil à l’Himalaya, la domestication des végétaux a déterminé aussi la culture entendue comme art de vivre, de se nourrir et d’être au monde. Candolle livre les secrets des migrations des plantes.
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Descriptions du trèfle, persil et poireau.
Il a pourtant à surmonter de nombreux obstacles, dont le moindre n'est pas la pratique qu'ont adoptée les botanistes du passé de prendre des noms gréco-latins pour désigner des plantes américaines. Qu'elle soit involontaire ou délibérée, cette pratique continue à avoir des effets pervers. Les Grecs et les Romains connaissaient une légumineuse sous le nom de phasiolos ou phaseolus, et beaucoup d'auteurs y ont vu la preuve qu'ils connaissaient les haricots du genre Phaseolus, alors qu'il s'agissait probablement de haricots de l'espèce Vigna unguiculata (L.) Walp., originaires d'Afrique. Candolle a su déjouer ces pièges dans la plupart des cas.
Il a prouvé que le haricot commun, le Phaseolus vulgaris, était originaire d’Amérique, alors qu’on pensait jusqu’alors que les haricots étaient déjà connus dans l’Antiquité. En fait, ce que l’on nommait haricot était un autre type de haricot dans l’Ancien Monde, le Vigna Unguiculata, que les africains appellent le niébé.
Certains étaient particulièrement difficiles, du fait de la multiplicité des espèces et de la similitude de leurs formes et de leurs usages. Ainsi, Candolle penche pour une origine américaine de la plupart des Cucurbita, mais conclut à une origine dans l'ancien monde du potiron, Cucurbita maxima Lam., alors qu'on sait maintenant que toutes les Cucurbita viennent d'Amérique. Les Grecs et les Romains ne connaissaient que la gourde, Lagenaria siceraria (Molina) Standl. Enfin, Candolle, à l'instar des érudits de son époque, a eu tendance à surévaluer le rôle de l'Égypte ancienne, considérée alors comme se situant à l'origine de notre civilisation.