> Introduction
> L'auteur
> L'œuvre
> En complément...
> Sources
Origine des plantes cultivées
Alphonse Louis Pierre Pyramus de Candolle, 1883


Migrations des espèces cultivées par les hommes
Les espèces se sont déplacées de plusieurs façons, dont une au néolithique, par migration de populations humaines, transportant leurs graines et leur bétail et qui, en appliquant leurs techniques, ont absorbé ou refoulé les populations de chasseurs-cueilleurs.
Une migration qui s’est faite en quelques millénaires : la naissance de l’agriculture date du 8ème millénaire avant J.-C., au Proche-Orient, et dès le 5ème millénaire avant J.-C., elle arrive à l’ouest de la Méditerranée.
Mais d’autres modes de migration de plantes existent : celle-ci peut se faire par contact avec des voisins, auquel on emprunte des graines et des techniques culturales. Ainsi, les arbres fruitiers apparaissent dans l’Antiquité parce qu’une fois inventée la technique du greffage, on pouvait transporter des greffons. Des auteurs grecs et latins mentionnent d’ailleurs le fait que ces arbres viennent d’arriver depuis l’Asie Centrale.
Ensuite, les empires ont joué un rôle très important. Et en premier lieu, l’Empire romain : c’est à lui que l’on doit la diffusion vers le nord de l’Europe de nombreuses plantes qui étaient jusque là limitées au littoral méditerranéen. Mais le monde arabe a également joué un grand rôle, en mettant en rapport l’Orient et l’Occident lors de l’expansion musulmane après l’Egire. Ils ont notamment traduit en arabe les traités médicaux et agronomiques grecs et latins, et ils ont diffusé des plantes de l’Occident vers l’Orient, mais aussi des plantes de Perse ou d’Inde vers la Méditerranée.
Cela dit, la vraie mondialisation, comme on dit aujourd’hui, intervient à partir de Christophe Colomb et des grandes découvertes, où l’on assiste à un brassage planétaire des plantes. On connaît bien aujourd’hui l’apport des plantes américaines qui ont été adoptées par l’Europe : la pomme de terre, la tomate, le tabac, le piment, le maïs, etc… Mais on passe souvent sous silence l’apport des portugais. Ceux-ci ont fait le tour de l’Afrique et ont gagné très tôt l’Inde. En revanche, ils ont mis beaucoup plus de temps à atteindre la Chine. Ils ont donc rencontré essentiellement des plantes tropicales, qu’ils ont transportées d’un continent à l’autre. Et les plantes tempérées des mondes chinois et japonais sont arrivées nettement plus tard en Europe, à l’exception de l’orange.

Pour résumer, alors qu’on pourrait croire que ces échanges ont été essentiellement du Sud vers le Nord, on se rend compte qu’il y a eu en fait beaucoup d’échanges internes aux pays du Sud. Prenez le manioc et l’arachide, deux plantes vivrières essentielles pour l’Afrique. Et bien, elles sont originaires du bassin amazonien. A l’inverse, le café, essentiel à l’agriculture du Brésil et de l’Amérique Centrale, est issu lui, de l’Afrique.
Les grains cultivés font l’objet de toute notre attention et ils sont, chaque année, semés par millions sur des hectares depuis des siècles et des siècles. C’est pourquoi le blé, le riz et le maïs sont les espèces les mieux disséminées dans le monde accompagnées de leurs adventices qui ont su profiter de la situation en voyageant avec les semences.
Zone couverte par l'ouvrage
> Maïs
Le maïs existe depuis au moins 7 000 ans. C’est au Mexique, dans les grottes de Tehuacán, que des archéologues en ont trouvé les premières traces. Après sa domestication au Mexique, le maïs s’implante d’abord en Amérique centrale, puis en Equateur et au Pérou, avant de remonter vers le Nord du continent américain. Au XVIe siècle, Christophe Colomb le rapporte en Europe. De là, il se diffuse rapidement autour de la Méditerranée et de part et d’autre de l’Equateur.
> Haricot
Zone couverte par l'ouvrage
L’haricot prend naissance en Amérique du Sud et fait partie des premières plantes cultivées repérées dans les sites archéologiques américains, entre 7 000 et 6 000 ans avant J.-C. au Pérou, vers 3 000 dans la vallée de Tehuacán au Mexique. Il faisait partie du trio de base de l’agriculture de ces régions avec le maïs et la courge.
Les premiers explorateurs rapportent ces graines en Europe. On le retrouve ainsi à Rome, à la cour du pape Clément VII en 1528.
> Pomme de terre
La pomme de terre aurait été domestiquée, il y a plus de 4 000 ans, sur les hauts plateaux de la Bolivie et du Pérou. Les Indiens Quechuas d’abord, les Incas ensuite, font pousser cette papa dans des champs situés entre 3 000 et 4 000 mètres d’altitude. En 1533, l’espagnol Francisco Pizarro vient de conquérir le Pérou des Incas. Alors que les conquistadores mettent la main sur les trésors et les mines d’argent, les savants et les chroniqueurs, qui les accompagnent, s’intéressent aux habitudes alimentaires des indiens. Ils décrivent alors cette papa qui leur semble si précieuse. D’abord donnée à manger aux mineurs, elle est également servie aux marins qui font le voyage de retour. C’est ainsi que ce curieux tubercule arrive dans le sud de l’Espagne.
Zone couverte par l'ouvrage
> Riz
Il semble que le riz sauvage est été domestiqué dans le sud de la chine vers 6 500 avant notre ère. Le riz met ensuite 5 000 ans pour arriver aux Philippines, et ne s’implante au Japon qu’au cours du Ier millénaire avant notre ère. A la même époque, le riz arrive à l’est de la Méditerranée. Les Arabes l’introduisent en Espagne au VIIIe siècle, mais il ne se répand en Italie qu’au XVe siècle. En France, il faut attendre la Seconde Guerre mondiale pour que la culture se développe en Camargue, dans le delta du Rhône.
Outre Atlantique, le riz est introduit par des esclaves africains et se répand en Louisiane au XVIIIe siècle. En Californie, sa culture commerciale débute au XXe siècle.
Zone couverte par l'ouvrage
Rizière