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Voyage au Levant
Corneille Le Bruyn, 1725 En complément : Les conditions de transport des plantes sur les bateaux lors des voyages d’explorations |
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| Lors des voyages de découverte, les scientifiques rapportaient des espèces végétales dans l’espoir de les acclimater à leur retour. Corneille Le Bruyn a très certainement été un des premiers à expérimenter le transport de ce matériel vivant un peu particulier. Les durées de navigation des bateaux étaient très longues. Par exemple au XVIIIe siècle, un voyage entre la Compagnie des Indes françaises et la Chine pouvait durer jusqu’à deux ans, sachant que la traversée était de l’ordre de 5 à 6 mois. Ces destinations et ces durées laissent imaginer les nombreuses difficultés auxquelles les botanistes étaient confrontés pour maintenir ces végétaux dans les meilleures conditions possibles. Pour conditionner les plantes à expédier, il fallait les transporter dans des caisses adaptées, regroupées en cinq catégories : - Les caisses de jardinier : ce sont des coffres carrés, ouvert sur la haut, remplit de terre dans lesquels sont plantés des arbres. Leurs dimensions sont variables et doivent tenir compte de la grosseur de l’arbre à transporter. Il semble que cette technique de transport fut couramment employée durant la fin du XVIIIe siècle pour les végétaux rares et précieux. Mais ces caisses demandaient beaucoup de soin durant la traversée. - Les caisses grillagées : les côtés et le dessus de ces caisses sont grillagés en fil d’archal et des volets glissants permettent d’isoler les plantes du mauvais temps. Vraisemblablement assez peu de ces caisses furent construites et ce modèle eut une durée de vie assez courte. - Les caisses fermées : ces caisses sont d’une utilité reconnues pour la conservation des plantes pendant les très longs voyages. Sur la partie inférieure des caisses le fond est percé de plusieurs trous et repose sur deux tasseaux permettant l’écoulement des eaux. La partie supérieure des caisses s’ouvre à volonté afin de les aérer et de placer les végétaux à la lumière. Les deux autres côtés sont percés de petites fenêtres grillées permettant une circulation d’air lorsque le temps ne permet pas d’ouvrir les volets. - Les caisses de Ward : en 1829 Ward découvre, par hasard, que les plantes se développent très bien dans une bouteille fermée placée dans des conditions favorables. Il conclut que les conditions de vie (air, lumière et humidité) des plantes sont remplies et que les influences néfastes extérieures sont exclues. Ainsi, se servant de cette découverte, il va concevoir une caisse vitrée parfaitement étanche. La caisse, construite en teck, est portée sur deux tasseaux. La partie supérieure, en forme de toit, est constituée de petits panneaux vitrés recouverts d’un fort grillage pour limiter toute casse éventuelle. Cette caisse est largement utilisée malgré des coûts de construction très importants, souvent plus élevé que son contenu. - Les caisses ordinaires : tous les végétaux transportés n’avaient pas la même valeur. C’est pourquoi, à côté des caisses citées précédemment ont existés des caisses simples, souvent fabriquées à la demande et pour un voyage unique. Toutefois, il était impératif que ces caisses pleines puissent être déplacées par deux hommes seulement et qu’elles puissent contenir un grand nombre de végétaux. Le conditionnement des plantes n’était pas le seul souci pour les végétaux transportés sur les bateaux, se posaient également le problème de ravitaillement en eau douce à bord nécessaire à l’arrosage. C’est pourquoi dès le début du XVIIIe siècle, des recherches vont s’engager afin d’essayer de transformer l’eau de mer en eau douce. Il fallait se soucier de protéger les végétaux des prédateurs ; les rats et les souris se faisaient un plaisir de dévorer les racines, les tiges, les graines, etc. L’emplacement des caisses à bord était le souci primordial car ces plantes avaient besoin de lumière et devaient être à l’abri des embruns salés. Or, les surfaces disponibles étaient réduites, le pont supérieur étant réservé pour les manœuvres, les travaux et la vie de l’équipage en mer. Mais malgré quelques exemples d’excellentes coopérations et de brillantes réussites, il semble indiscutable que la présence de plantes à bord des navires fut un problème au fil des différents siècles. |
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