Adolphe d’Archiac - Histoire des progrès de la géologie
Passionné par la géologie, Archiac est l’un des fondateurs de la géologie préhistorique en France. Son ouvrage monumental assoit sa réputation parmi les savants de son époque.
Titre : Histoire des progrès de la géologie
Auteur : Adolphe d'ARCHIAC
Edition :1834-1859, Paris, Société Géologique de France
Format : 23 cm
L’auteur : Adolphe d’Archiac
Fils d’un officier de cavalerie, Adolphe d’Archiac est né à Reims le 24 septembre 1802. Il fait ses études à Saint-Cyr, puis suit la carrière paternelle jusqu’à la fin de la révolution de 1830. Pendant son service dans l’armée, il publie, en 1828, un roman historique, dans lequel il retrace la vie du prince musulman Zizim, conquérant de l’empire byzantin. En 1830, il fait aussi paraître une étude sur l’évolution de la littérature et des mœurs depuis la chute de Napoléon 1
er.
Sa mise en disponibilité lui laisse beaucoup de temps libre et, ne voulant pas rester oisif, il oriente ses loisirs vers la paléontologie et la géologie.
Son premier travail porte sur les couches du tertiaire de l’Aisne, puis il étend ses recherches aux couches du tertiaire et du crétacé en France, Belgique et Angleterre où il étudie plus spécialement la distribution géographique et stratigraphique des fossiles. Il publie en 1842-1843 son premier grand ouvrage :
Description géologique du Département de l’Aisne.
Il s’intéresse ensuite aux formations du carbonifère, du Dévonien et du Silurien. Ses recherches ont l’appui des éminents géologues de l’époque comme Brongniart, Dufrénoy et Elie de Beaumont.
Archiac est véritablement l’un des fondateurs de la géologie préhistorique en France.
Il fait paraître un grand nombre de travaux, mais son œuvre principale est
Histoire des progrès de la géologie de 1834 à 1859, publiée en huit volumes de 1847 à 1860.
Il est élu membre de l’Académie des sciences le 27 avril 1857 puis devient, en juin 1861, professeur au Muséum d’histoire naturelle dans la chaire de paléontologie, occupée précédemment par Alcide d’Orbigny. La même année il reçoit la croix d’officier de la Légion d’honneur.
Sur la fin de sa carrière on peut mentionner entre autre sa
Paléontologie stratigraphique, en 3 volumes 1864-1865 et
Géologie et paléontologie en 1866.
Il est très attaché à la Société géologique de France qu’il préside en 1844, 1849 et 1854. Il publie de nombreux articles dans les bulletins et mémoires de celle-ci pendant une vingtaine d’années. Il est aussi membre de nombreuses académies étrangères.
N’ayant pas de fortune, il a souvent recours à des amis pour la publication de ses ouvrages ou l’achat de documents nécessaires à ses difficiles travaux. Célibataire, souffrant d'une dépression sévère, Archiac se jette dans la Seine le 24 décembre 1868. Son corps n’a été retrouvé que le 30 mai 1869 à Meulan.
L’œuvre : Histoire des progrès de la géologie
Page de couverture
La réputation d’Archiac est surtout établie avec la publication de son
Histoire des progrès de la géologie. Cet immense travail est entrepris à la demande de la Société géologique de France qui désire voir dresser les analyses des publications françaises et étrangères se rapportant, soit directement soit indirectement, à la géologie.
Jusqu’en 1834, cette tâche a été assumée par Ami Boué (un des pionniers de la recherche en géologie et un des fondateurs de la Société géologique de France) et ses collaborateurs. Elle n’est reprise qu’en 1842, personne n’ayant voulu dans cet intervalle se charger d’un effort aussi considérable. Et c’est d’Archiac qui accepte cette lourde tâche. De 1847 à 1860, paraissent 8 tomes de cet immense ouvrage, qui donnent une mesure du travail et du dévouement à la science dont est capable d’Archiac.
L’AREHN dispose dans son fonds ancien des tomes III à VIII de l’
Histoire des progrès de la géologie mis en dépôt par le Muséum d’histoire naturelle de Rouen

Page de titre

Tranches
Tome 1 : Cosmogonie et géogénie, physique du globe, géographie physique, terrain moderne
Tome 2 : Terrain quaternaire ou diluvien et formation tertiaire
Tome 3 : Formation nummulitique, roches ignées ou pyrogènes des époques quaternaires et tertiaires
Tome 4 : Formation crétacée
Détail du tome 6 : Coupe N-S de la vallée de Wardour
Tome 5 : Formation crétacée
Tome 6 : Formation jurassique
Tome 7 : Formation jurassique
Tome 8 : Formation triasique
Au lieu d’un simple travail de compilation, il crée une œuvre originale dont l’importance dépasse les prévisions. Dans des résumés, qui terminent chaque subdivision de son ouvrage, il fait apparaître, en comparant tous les faits dûment constatés, des conclusions importantes qui ont échappé jusqu’alors aux observateurs peut-être trop spécialisés dans leurs recherches. Il discute, critique et juge les œuvres de ses contemporains.
Pour la formation du Crétacée de la Seine-Inférieure, d’Archiac s’appuie sur le géologue Passy qui fait une
Description géologique du département de la Seine-Inférieure en 1832.
"La craie que l’on reconnaît dans toutes les vallées du département de la Seine-Inférieure, et chaque fois que l’on perce le sol superficiel, paraît avoir une épaisseur moyenne de 100 mètres, dit M.-A. Passy. Elle est disposée par assises horizontales ou peu inclinées. Sa partie supérieure est la craie blanche, remarquable par des couches nombreuses de silex pyromaques. Ensuite elle devient plus dure ; les silex sont plus espacés et semblent disséminés dans toute la masse, sans régularité. La craie marneuse qui lui succède est plus dure encore. Enfin, la craie à grains verts s’appuie sur des sables mêlés d’une très grande quantité de grains verts et d’où les particules calcaires disparaissent presque entièrement."
Archiac décrit tour à tour, les différentes craies du département et fait leur répartition géographique.
En complément : La création de la Société géologique de France
Tranche du bulletin
La géologie prend son élan en France avec la création de l’Ecole et du Corps des mines (1783) et la réorganisation du Muséum d’histoire naturelle (1794). Là, une coopération s’instaure de suite entre ingénieurs des Mines, enseignants et amateurs. A une époque où la géologie avait été l’affaire presque exclusive du Corps des mines, allait succéder une autre période au cours de laquelle la géologie intéresse de plus en plus de personne.
Au XIX
e siècle, une nouvelle géologie voit le jour autour de noms tels que Elie de Beaumont, Lyell, Alcide d’Orbigny, Lapparent, etc. Les grandes évolutions de cette période sont la mise sur pied d'une échelle stratigraphique et l’étude des fonds marins.
Les anglais font figure de précurseurs dans ce domaine et fondent la Geological Society of London dès 1809. A l’imitation des britanniques, la Société géologique de France est créée le 17 mars 1830, sur l’initiative de deux géologues : Ami Boué et Constant Prévost, qui sont respectivement désignés comme président et secrétaire. L’association est reconnue d'utilité publique par ordonnance du Roi du 3 avril 1832.
L’objet de la société est de « concourir à l’avancement de la géologie en général et partiellement de faire connaître le sol de la France, tant en lui-même que dans ses rapports avec les arts industriels et l’agriculture », il est enfin possible, grâce à elle, de mobiliser des énergies qui, jusqu’alors, n’avaient été qu’exceptionnellement sollicitées.
Le 28 mai 1830, alors que 95 adhérents s’étaient déjà déclarés, un premier bureau présidé par Louis Cordier fut élu. Il associait habilement cinq ingénieurs des Mines (Cordier, Brochant de Villiers, Alexandre Brongniart, Armand Dufrénoy, Léonce Elie de Beaumont), et quatre académiciens (les trois premiers ingénieurs des mines cités ci-dessus plus Henri Ducrotoy de Blainville). Les effectifs de la société s’accroissent rapidement : en 1833, on dénombre déjà 221 membres et en 1850 l’effectif atteint son optimum et va s’y maintenir jusqu’à la fin du siècle (513 membres dont 186 vivant à l’étranger en 1850).
La société géologique de France s’impose très rapidement comme essentielle pour le développement de la géologie. De nombreux débats se tiennent lors des séances qui permettent à la fois de se tenir au courant des progressions scientifiques et d’échanger des idées.
Un facteur de succès est l’organisation des réunions extraordinaires annuelles qui réunissent sur le terrain un nombre significatif de géologues, lesquels sont ainsi en mesure de débattre sur place de leurs observations et interprétations. Une cinquantaine ont lieu de 1831 à la fin du siècle dans pratiquement toutes les provinces françaises.
De plus, dès sa création, la société se dote d’un organe de diffusion particulièrement efficace : le bulletin. Grâce à lui, les membres les plus éloignés de Paris peuvent suivre et prendre rapidement connaissance des avancées et des débats parisiens. Le bulletin permet aussi aux géologues locaux, professionnels ou amateurs, de faire connaître les résultats de leurs travaux.
Rappelons enfin que les Mémoires, dont le premier volume parut en 1833, constituèrent une publication prestigieuse à laquelle collaborèrent au fil des ans de nombreux spécialistes de renom.

Page de titre du Bulletin
Sources
Auteur et oeuvre
Dictionnaire de biographie française, tome 3, 1939, pp. 383-388
Nouvelle biographie générale, tome 3, pp. 48-49
Wikipedia
http://fr.wikipedia.org/wiki/Adolphe_d'Archiac
Complément
ELLENBERGER, François (1994)
Histoire de la géologie. Tome 2 : La grande éclosion et ses prémices 1660-1810 .- Paris : Tec et Doc-Lavoisier .- ill. ; 21 cm .- 381 p. .- (Petite collection d'histoire des sciences)
(2003)
L'essor de la géologie française au XIX
e siècle
.- Géochronique , 88, décembre 2003 .- pp. 16-42
Société géologique de France
http://sgfr.free.fr/